L’entomophagie en Belgique. Des hamburgers de criquets bientôt à notre menu ?

Entomophagie à Gembloux Agro-Bio Tech - Université de Liège avec Eric Haubruge

La croissance actuelle de la population mondiale risque d’aggraver le problème de sécurité alimentaire dans les pays en développement, alors que dans les pays industrialisés où le problème de la sécurité alimentaire ne se pose pas, les préoccupations liées à l’alimentation sont de l’ordre de la sécurité sanitaire des aliments et de la production durable de ces derniers. De nouvelles méthodes de production et/ou de nouveaux aliments doivent par conséquent être élaborées tout en préservant la qualité des aliments, l’habitat naturel et la biodiversité des espèces animales et végétales consommées. Les insectes, de part leur qualité nutritionnelle et leur faible impact écologique, apparaissent de plus en plus comme une solution d’avenir. L’entomophagie, du grec ancien « entomos » (insecte) et de « phagein » (manger) est désignée comme la consommation d’insectes par l’espèce humaine. Ne cherchez pas le mot « entomophagie » dans vos dictionnaires, même les plus modernes, vous ne le trouverez pas ! Et pour cause, ce mode de consommation, n’est pas (ou plus exactement n’est plus) pratiqué en Europe occidentale depuis plusieurs centaines d’années voire plus. Attention, pour les animaux ou les plantes, on utilise de préférence le terme « insectivorie ».

Dans quelques jours vous pourrez déguster quelques préparations culinaires à base d’insecte sur le campus de Gembloux AgroBiotech (Université de Liège) au Festival de l’Insecte.

L’entomophagie est une pratique courante dans de nombreux pays du monde, exception faite de la plupart des pays développés, principalement en Europe et en Amérique du Nord où la consommation d’insectes y est considérée comme moins conforme à nos habitudes alimentaires ou même comme une menace à l’identité culturelle et psychologique du pays. Ainsi, l’auteur d’un article paru en 2010 dans le magazine « La Recherche », explique que, pour nous, Occidentaux, les insectes ne constituent pas (ou plus) de la nourriture ! Les deux premières réactions d’un Européen face à un repas à base d’insectes sont finalement le dégoût et la peur

Cependant, depuis l’annonce par l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) en avril 2012 d’une stratégie de promotion de l’entomophagie à travers le monde, les insectes ont acquis une meilleure réputation grâce aux avantages nutritionnels et écologiques avancés qu’ils pourront représenter. En effet, ils possèderaient (1) une fécondité importante ainsi que la possibilité de se reproduire tout au long de l’année dans des conditions contrôlées, (2) un haut taux de conversion des aliments fournis en biomasse par rapport aux élevages traditionnels (le taux de conversion du grillon domestique, Acheta domesticus, peut être considéré comme deux fois supérieur à celui du poulet, 4 fois supérieur à celui du porc ou encore 12 fois supérieur à celui du bœuf), (3) un faible impact environnemental, principalement du aux faibles émissions de gaz à effet de serre (4) une demande réduite en espace d’élevage et (5) a possibilité d’être nourris à l’aide de coproduits de l’agriculture et/ou de l’industrie, non exploités à l’heure actuelle.